Le lendemain  seulement, nous pouvons le voir en réanimation. Il dort, c'est dur de le voir comme ça avec tous ces appareils autour de lui ( les drains : ça fait un bruit affreux et ça fait trembler son petit lit) et puis tous les pousses-seringues... il y en a 12 entre la morphine, l'Hypnovel pour le faire dormir et les autres médicaments, surtout ceux pour son cœur. Toutes les 10 minutes, une infirmière vient surveiller, ça bouge beaucoup dans ce service. Les visites sont autorisées de 15h à 19h alors c'est très court, nous profitons de lui parler même s'il dort, il nous entend, je lui chante des petites berceuses. Mais les bisous, on ne peut pas car on peut lui transmettre des germes alors on est habillé comme des "cosmonautes" : surblouse bleu, surchaussures, charlotte, masque, gants et encore une surblouse juste avant d'entrer dans sa chambre.
          Trois jours après l'opération, le chirurgien referme le thorax car tout se passe bien jusqu'à présent, Riyad supporte bien les suites opératoires. Par contre, il est dialysé car il n'urine pas beaucoup mais au fil des jours, ça rentre dans l'ordre.
          Dans la semaine qui suit, les drains sont enlevés, puis l'intubation et enfin la sonde urinaire. Cela lui permet de sortir de réanimation le jeudi 11 Décembre soit 10 jours après son opération. Il va directement aux Soins Continus car il a encore les perfusions. Là on essaie de le réalimenter d'abord par la sonde gastrique avec mon lait car même s'il ne pouvait avoir mon lait avant, je continuais à le tirer jours et nuits toutes les 3 h pour stimuler la lactation. Aujourd'hui, je suis heureuse de pouvoir enfin lui donner. Il grossit de jour en jour et s'éveille bien. A partir du 20 Décembre, j'essaie de mettre Riyad au sein mais il n'arrive pas à téter. Voyant qu'il est de plus en plus fatigué, les médecins décident de le transfuser ( en tout pendant son séjour à l' hôpital, il a dû avoir environ 3 ou 4 transfusions).

           Puis le 24 Décembre, il sort des Soins Continus pour aller directement au service de Cardiologie ( là où il était avant l'opération). Là, on essaie de plus en plus la mise au sein mais c'est difficile pour Riyad, il a du mal à déglutir étant donné qu'il n'avait plus ce réflexe depuis la naissance.

          Le 29 Décembre, il devait être transféré dans un hôpital plus près de chez nous mais il a fait des complications: un épanchement pleural ( c'est de l'eau dans la plèvre). Les médecins disent qu'il y a trop de sang qui passe dans les poumons. Alors il faut donner à Riyad un lait sans graisses. Du coup, arrêt des essais de la mise au sein et il ne reçoit plus de mon lait non plus par la sonde, exclusivement ce lait sans graisses.

          Le 5 Janvier, Riyad passe un cathétérisme cardiaque pour voir en profondeur l'état du coeur et ce n'est pas réjouissant. En fait, il faudrait faire en urgence la 2° opération mais il ne pèse que 2,9 kg et les médecins pensent qu'il ne pourrait certainement "pas sortir du bloc" ou bien il pourrait avoir plus de médicaments mais ce n'est pas sûr que cela fonctionne à long terme. Cette nouvelle est très dure à accepter car nous nous sommes tellement habitué à lui depuis ces semaines que de prendre une décision est compliqué. Nous préférons laisser les médecins décider. Le chirurgien, lui préfère attendre car quand il voit les clichés du cathéterisme cardiaque, il ne trouve pas que le ventricule droit est si abîmé. Il faut attendre de voir alors avec les médicaments l'évolution. Je peux donc redonner mon lait par la sonde gastrique (Riyad se fatigue vite) et au fil des jours, l'épanchement pleural diminue grâce aux diurétiques et du fait que le lait est enrichi avec des graisses, Riyad prend en même temps du poids. Tout va très vite et les médecins décident qu'il peut enfin être transféré dans cet hôpital près de chez nous en attendant la 2° opération.